Acte III, scène 2 : Un plan infaillible, sans l’ombre d’un doute ?

Zobek explique ainsi à Dracula qu’il a besoin de son aide pour vaincre Satan qui prépare son retour suite à la disparition prolongée de sa némésis pourtant bien immortelle. En fait, ce sont les suppôts de l’ange déchu qui fomentent l’arrivée sur Terre de leur maître que Zobek exhorte Dracula de retrouver et d’arrêter. Appelés « acolytes », ces êtres démoniaques vont ainsi constituer le pain quotidien du Comte sorti du coma qui part enquêter sur eux. Hélas, le Prince des Ténèbres n’est plus au mieux de sa forme, et il devra souvent faire preuve de discrétion s’il souhaite mener sa mission à bien.

Et c’est là qu’interviennent des phases récurrentes d’infiltration, dans lesquelles Dracula se singera en (petit) seigneur de l’ombre pour user de stratagème (en se fondant en rat la plupart du temps sinon en brume) et d’habileté (en générant des nuées de chauve-souris afin d’aveugler temporairement un garde qu’il pourra ensuite envoûter) de manière à échapper à la vigilance de soldats invincibles appelés « Golgoths ». Autant cette approche est inédite dans un Castlevania où l’on a pour habitude d’exterminer les ennemis sur notre chemin sans autre forme de procès, autant ces passages obligés siéent bien mieux à une autre licence incontournable de Konami, à savoir Metal Gear Solid, tout simplement car ils en constituent son principe fondamental. En d’autres termes, sans être profondément ratées, ces scènes d’infiltration égarent un peu plus Lords of Shadow 2 de la licence à laquelle le jeu se réclame. Déjà que jouer Dracula est bien une première (voire un non-sens) dans une série qui s’est forgée sur sa destruction régulière, mais à vouloir mélanger les genres et les influences, c’est prendre le (gros) risque d’aller à vau-l’eau en diluant le sang que les fans réclament !

Infiltration & the boyPour autant le Prince des Ténèbres, bloqué dans une ville actuelle construite sur les fondations-mêmes de son château, n’a pas dit son dernier mot. Oui, c’est bien en regagnant ses pouvoirs au fur et à mesure de l’aventure et des créatures vidées de leur sang qu’il atteindra sa superbe à nouveau et sera en mesure de détruire Satan pour de bon. Mais ce n’est pas tout, oh que non ! Rapidement dans le jeu, Dracula va être confronté à son passé en suivant un jeune garçon (puis un loup blanc). Simple illusion de son esprit, sorcellerie étrange qu’il est le seul à vivre et à voir, ou réelle dimension parallèle qu’il pourra explorer à loisir (la réponse ne sera jamais clairement donnée), c’est son ancienne demeure et ses dépendances que le Comte va arpenter à de nombreuses reprises pour retrouver la majorité de ses pouvoirs perdus, volés, ou simplement enfouis. Et c’est là que se cache l’art gothique des Castlevania !

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Acte III, scène 3 : Un Castlevania ambivalent ?