Epilogue : une trilogie qui fera date ?

En choisissant volontairement de remettre les comptes à zéro, MercurySteam s’est approprié Castlevania, sa mythologie et ses codes pour en réécrire les fondements et tenter de les sublimer. La forme est actuelle et répond aux sirènes du grand public mais le fond est beaucoup plus subtil que l’œil même averti ne le conçoit la première fois. Aussi, en maniant le fouet sous un large spectre, le studio espagnol a réussi l’exploit d’une lecture de ses jeux sur plusieurs niveaux, mais hélas sans accoucher d’un chef d’œuvre intouchable pour autant : atteindre la noirceur de l’âme a un prix. On retiendra particulièrement la progression somme toute captivante du destin de ses protagonistes dans les trois actes de la tragédie : le voyage a débuté de jour pour s’achever dans une nuit de plus en plus profonde… jusqu’aux premières lueurs du matin, synonymes d’espoir et de renouveau qu’on n’attendait plus !

Ainsi le cycle se perpétuera encore même si la parenthèse MercurySteam se ferme à présent… Au final, la trilogie Lords of Shadow aura été aussi inégale que palpitante, la réécriture est un art tellement difficile et délicat qu’il ne saurait satisfaire tous les appétits de toute façon. Une nouvelle page se tourne pour Dracula et la famille Belmont qui peuvent aller se reposer en toute quiétude maintenant ; MercurySteam a inscrit son nom dans le marbre et il ne s’effacera pas de sitôt malgré les traces de sang laissées sur la tombe…

En confiant l’une de ses licences les plus prestigieuses à un jeune studio européen, Konami ne s’y est pas trompé : la série ne s’est jamais aussi bien vendue qu’avec Lords of Shadow ! Pourtant, nombre de fans nostalgiques ne peuvent toujours s’empêcher de déplorer ce changement de cap… Comme d’autres n’acceptaient tout simplement pas le virage de Symphony of the Night à sa sortie ! Toute licence doit évoluer pour sa pérennité, que ce soit en bien ou en mal, que ce soit compris ou pas… Castlevania a souvent pris des risques, pour le meilleur comme pour le pire, et en prendra certainement d’autres avant de refermer la tombe définitivement. Mais qu’on soit d’accord ou pas avec les choix de Konami, il n’en reste que la licence aura toujours une place particulière dans le cœur des joueurs… que ce soit en maudissant à jamais l’éditeur japonais ou en le bénissant d’avoir créé une lignée de jeux aussi intenses !

***