Addendum : des Revelations qui pèsent sur le ressenti final ?

Sorti un mois plus tard, Revelations est le seul DLC solo de Lords of Shadow 2 dans lequel le joueur n’incarne plus Dracula mais son fils Alucard avant les évènements du jeu ! Rallongeant l’aventure de quelques heures pour seulement 5,99€, on sent bien que les DLC Reverie et Resurrection de Lords of Shadow ont servi de leçon ; en effet, outre la durée de vie fort acceptable quant au prix pratiqué, on voit bien que MercurySteam a vraiment pensé le contenu en amont et non en aval car pris de court devant le succès et les demandes insistantes de Konami et des joueurs. Ainsi, Revelations se veut comme une authentique quête annexe du jeu dévoilant ce qui s’est réellement passé avant le scénario principal ; ceci dit il est préférable d’y jouer une fois arrivé au terme de Lords of Shadow 2 pour ne pas se gâcher l’ultime rebondissement du jeu !

CastlevaniaLOS2_alucard2UNEDans sa forme, ce DLC est très satisfaisant : on y incarne donc Alucard qui se bat avec l’épée Crissaegrim (qui est originellement la meilleure épée de Symphony of the Night à défaut d’être la plus puissante), forgée à partir de divers fragments ; d’abord ceux des épées de Glaciem (qui confère de la vie à chaque coup porté) et d’Igneas (qui brise les armures et boucliers en augmentant leur température), ainsi que du pieu du fouet de Gabriel Belmont – surnommé la « Tueuse de Vampires » (ou Vampire Killer) – laissé par son ancien propriétaire dans la salle du trône du château de Carmilla après son combat contre celle-ci que justement Alucard va chercher à l’issue de Mirror of Fate avant que la sombre bâtisse ne s’écroule sous le regard de Simon Belmont. Ainsi, cette arme est redoutable car elle permet de décimer vampires et autres créatures démoniaques tout en cumulant les mêmes capacités que l’Epée du Vide et les Griffes du Chaos ! Ce qui explique qu’Alucard se contrôle comme son père, seule l’arme utilisée diffère…

Ensuite, l’aventure de Revelations a le bon goût de se dérouler dans le château de Dracula et non dans la ville de Castlevania ! Sans oublier que les décors n’offrent guère un sentiment de déjà vu car on visite une partie oubliée de la Tour de Guet (une dépendance de l’atelier du Fabricant de jouets) et l’Aile Interdite (l’endroit où le Prince des Ténèbres est réellement né). A l’instar de Reverie, ce DLC présente davantage d’énigmes (et de plate-forme) que de combats mais que les amateurs d’action se rassurent, ils en auront tout de même pour leur argent ! En effet, outre la présence des pénibles squelettes lanciers qui font leur arrivée tardive dans le bestiaire de Lords of Shadow ,  le  duel final – sans atteindre la difficulté de l’Oublié dans Resurrection – remontera nettement le niveau de jeu. Par ailleurs, les pouvoirs d’Alucard (qui diffèrent quelque peu de ceux qu’il avait dans Mirror of Fate) sont très vite à disposition : d’abord celui de se fondre en une nuée de chauve-souris pour atteindre une corniche éloignée, puis la Vision Intemporelle qui permet de ramener quelques éléments brisés du décor dans leur forme originelle pendant quelques précieux instants, et enfin le Loup Spectral octroyant la capacité à projeter son esprit dans un félin blanc mais laissant du même coup son corps sans défense… Il faudra ainsi alterner l’utilisation de ces différents pouvoirs pour venir à bout des énigmes et progresser.

Castlevania-Lords-of-Shadow-2-Revelations-DLC-Trailer-and-Screenshots-5Hélas, si la forme est plaisante, le bât blesse sur le fond ; en effet, pour qui a fini Lords of Shadow 2 bien entendu, Revelations porte fort mal son titre car il n’en apporte tout simplement pas, sinon tout au mieux un éclairage sur l’implication réelle d’Alucard dans le destin de son père. Ceci dit, on s’étonnera tout de même de la présence d’un autre personnage important qu’on pensait seulement issu de l’esprit du Prince des Ténèbres car sa manifestation au vampire aux cheveux d’argent dénote quelque peu avec la frontière déjà ténue entre réalité de la ville de Castlevania et le fantasme du château de Dracula qu’on pensait uniquement dévolu au subconscient de son propriétaire. Pourtant, une fois cet aspect encore plus fantastique sinon incohérent digéré, on se rend compte que l’aventure d’Alucard n’est absolument pas nécessaire pour la bonne compréhension du jeu « complet » aux commandes de Dracula, lequel se suffit donc à lui-même au final ; ne restera ainsi que le plaisir de contrôler l’espace de quelques heures évacuées des passages problématiques de l’aventure principale un personnage très apprécié des fans de la licence (surtout) depuis Symphony of the Night, titre auquel Lords of Shadow 2 se réclame particulièrement comme vu précédemment…

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Dénouement : Une conclusion à la hauteur du mythe ?