En ce 26 septembre 2016 nous fêtons le trentième anniversaire de la sortie d’Akumajō Dracula sur Famicom Disk System au Japon, rebaptisé Castlevania sur NES en Occident l’année suivante. Qui aurait pu imaginer il y a trois décennies que naîtrait du même coup une licence aussi renommée dont les quelques trente-cinq épisodes recensés sur bien des systèmes de jeux (voire davantage si on accepte les diverses adaptations d’un même opus comme le premier sur d’autres machines en tant que volets à part entière) en ont fait la grandeur comme la décadence, le renouveau salvateur comme l’expérimentation curieuse pour ne pas dire catastrophique…

heroes

Des héros comme on n’en fait plus ?

C’est que la série a connu bien des changements depuis ses débuts faisant autant la parodie de films d’horreur qu’un vibrant hommage à tout un genre cinématographique sinon à tout un pan culturel fantastique occidental au sens large vu, consommé, et digéré puis retranscrit en jeu vidéo initialement par l’œil japonais de Hitoshi Akamatsu, le très probable et mystérieux créateur de la saga, avant d’être réinventé le temps d’un ou plusieurs épisodes par d’autres noms et autant de sensibilités différentes à l’instar de celles de Masahiro Ueno, Toru Hagihara, Koji Igarashi, Dave Cox / Enric Alvarez à la production / réalisation, Kinuyo Yamashita, Masanori Oodachi, Suji Tarō, Michiru Yamane, Oscar Araujo à la musique, ou encore Toshihari Furukawa, Akihiro Yamada, Ayami Kojima au chara-design pour ne citer qu’une poignée des hommes et femmes a avoir travaillé sur la franchise ; car ce qui fait la force de Castlevania c’est bien sa capacité à renaître à chaque chapitre sous une forme nouvelle mais pourtant familière ; certes il y a eu des ratés et des épisodes peu novateurs que ce soit dans le fond ou la forme mais chaque volet aura marqué les joueurs (fans ou non) à travers le monde d’une aura bien particulière, que ce soit en bien ou en mal, pour le meilleur ou pour le pire…

La série a ainsi accouché à ce jour de plusieurs game designs différents et pourtant complémentaires qui ont chacun leurs fervents adeptes comme leurs détracteurs les plus féroces. Et c’est bien cette identité multiple sinon schizophrène de la licence qui lui donne tout son sel ! Mais si aujourd’hui l’avenir de la saga est bien incertain au vu de la politique actuelle de Konami en direction des jeux mobiles et autres pachinkos qui ne sont pas forcément du goût de tout le monde, c’est du côté de partenaires officiels (comme First 4 Figures ou Mondo) et bien évidemment des fans du monde entier que Castlevania perdurera dans le cœur et l’esprit des joueurs sous une forme ou une autre, que ce soit à travers des fan games comme ceux de Mig Perez, des ouvrages encyclopédiques, rétrospectifs et/ou analytiques tels ceux de Emmanuel Babarit (dit Manuzawa), Patrice Rucar (ou Tanuki) ou encore Kurt Kalata, des réinterprétations musicales à l’image de celles de Super Castlevania Quartet ou de Banjo Guy Ollie, et plus largement des œuvres de bien d’autres d’artistes de tous horizons à l’instar de Vadu Amka pour ne citer que quelques uns des passionnés que j’ai eu le privilège d’interviewer sur Castlevania Retrogaming !

En somme, si aujourd’hui Castlevania fête ses trente années d’existence alors que peut-être son avis de décès a déjà été officiellement signé par Konami, la licence continue de vivre sous une forme ou une autre grâce aux fans de longue date comme aux nouveaux joueurs séduits par l’un ou l’autre de ses chapitres pour continuer à être célébrée, et j’ose modestement espérer que ce site créé il y a maintenant deux ans et demi y contribue à sa manière en poursuivant lui aussi son bout de chemin… En d’autres termes, si Castlevania est mort, vive Castlevania !