Henry Oldrey est l’un des quatre personnages jouables de Castlevania : Legacy of Darkness sur Nintendo 64. Armé d’une sorte de fusil à pompe ou d’un grand revolver à six coups et protégé par une armure, il a été envoyé par l’Eglise (orthodoxe) à Castlevania en 1852 non pas pour vaincre Dracula mais pour sauver les six enfants enlevés par les sbires du Prince des Ténèbres en seulement sept jours. Hélas, il n’y a guère davantage à dire sur la quête de ce héros (il n’est même pas présenté dans une seule des différentes notices du jeu !), car c’est un jeune adulte plutôt muet qui a bien peu d’échanges avec ses contemporains, si ce ne sont les enfants qui le remercient pour les avoir retrouvés…

Henry Oldrey 01

Un héros vaillant… mais pas bavard !

Ceci dit, on notera que le personnage n’était pas prévu au casting à l’origine du projet Akumajō Dracula : Mokushiroku (c’est-à-dire Castlevania sur Nintendo 64 en Occident) contrairement à Reinhardt Schneider, Carrie Fernandez et le loup-garou Cornell ; il a en fait remplacé Coller, une créature à la stature de celle de Frankenstein, lequel était prévu pour se battre à l’aide d’une tronçonneuse et d’un fusil à pompe ! Au passage, on trouve les autres vestiges de ce personnage dans celui du jardinier immortel de la villa, lui aussi ayant un chara-design monstrueux et une scie mécanique greffée au bras droit…

Or de Rais

Une famille pleine de mystères !

En outre, on s’amusera de trouver la tombe d’Henry dans la cour d’entrée de la villa dans Castlevania 64, près de celle de sa mère Mary et en face de celle de son père située de l’autre côté de la fontaine. Il est d’ailleurs intéressant de constater que la stèle de ce dernier lui prête le nom d’Or de Rais en Occident (Orudorē en japonais), patronyme faisant évidemment penser à Gilles de Rais (Jiru Do Re en version originale). On peut ainsi se demander si le serviteur de Dracula éponyme n’était pas prévu pour être le propriétaire de la villa initialement, c’est-à-dire avant que le background des personnages ne soit retravaillé pour Legacy of Darkness

Young Henry

Henry est en danger !

Pour en revenir à Henry, il a la particularité d’avoir été sauvé par Cornell quelques années plus tôt, en 1844, ce qui apporte un peu de profondeur au personnage. En effet, il est le fils de J.A. Oldrey, et de son épouse Mary, lesquels vivaient en paix dans la villa située non loin de Castlevania jusqu’à ce que le seigneur de la propriété ne soit vampirisé par les sbires de Dracula, Gilles de Rais et Actrise ! Dès lors, la sécurité de la famille fût remise en cause, J.A. Oldrey voulant faire profiter sa femme et son fils du monde de la mort comme il l’écrit dans son journal intime (que l’on peut consulter sur une table dans la bibliothèque de la villa). Mary refusant un tel sort mais ne pouvant se résoudre à quitter sa demeure et son époux, elle implore Cornell d’aider le petit Henry à s’échapper en échange de la clé de cuivre nécessaire pour atteindre la crypte.

Le lycan accepte l’offre et rencontre l’enfant dans le jardin labyrinthique de la propriété, mais celui-ci est poursuivi par le jardinier (mentionné plus haut) qui en veut à sa vie ! Cornell devra ainsi trouver son chemin dans le dédale en protégeant régulièrement Henry des attaques répétées de son assaillant… Une fois hors de danger, le loup-garou confie à l’enfant le pendentif de sa sœur adoptive Ada, bijou magique assurant la sécurité de son porteur, et lui dit de quitter les lieux en traversant la forêt. C’est à la toute fin de la quête de Cornell que le jeune Henry refait son apparition, et raconte son aventure autour d’un feu de camp à Ada principalement, l’homme-bête étant davantage perdu dans ses souvenirs pour écouter avec attention l’histoire du garçon.

Henry Oldrey 02

Un héros trop mystérieux…

En conclusion, Henry Oldrey aurait gagné à être un héros davantage travaillé ; si son apparition au second plan en étant enfant est globalement satisfaisante, c’est sa personnalité de jeune adulte au moment de sa quête qui lui fait cruellement défaut, surtout comparée à celles des autres protagonistes du jeu qui eux jouissent de nombreuses interactions avec d’autres personnages, alliés ou ennemis. L’idée de pouvoir jouer avec un second rôle plus âgé était pourtant fort séduisante à la base, mais sans charisme ni quête réellement palpitante (bien qu’originale), Henry Oldrey se révèle être un héros fade avec un arrière-goût d’inachevé…