Lisa est la mère d’Alucard et la femme de Dracula. Elle n’apparait jamais directement dans la licence – et pour cause, elle n’est plus de ce monde ! – mais est évoquée pour la première fois dans Symphony of the Night et mentionnée dans l’internet radio drama Akumajō Dracula X : Tsuioku no Yasōkyoku qui fait suite à l’épisode 32-bits. La notice européenne du jeu Playstation la décrit comme une « femme bonne et généreuse, accusée de sorcellerie, [qui a] été exécutée tandis qu’elle préparait des remèdes pour soigner les malades. » ; autrement dit, il s’agit d’une personne profondément altruiste hélas victime de la peur de ses pairs.

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Un symbole de bonté et d’innocence ?

On connaît peu d’autres informations sur Lisa, que ce soit sur sa rencontre avec Dracula, son amour pour lui, ou encore la naissance de leur fils mais sa mort de la main des siens provoquera le courroux de son bien-aimé contre l’humanité. Aussi, en s’appuyant sur le contexte de Dracula’s Curse, il semble aisé de situer son décès aux alentours de 1476, année où Dracula se mettra en guerre contre les hommes pour la première fois (ce que le synopsis du film d’animation adaptant le jeu NES semble avérer), mais la notice de Symphony of the Night vient contredire cette hypothèse en estimant l’âge d’Alucard à quelque 400 ans alors que le jeu est censé se dérouler en 1797 ! Ainsi, un écart d’une centaine d’années entre la naissance du dhampire et la mort de sa mère humaine semble improbable, d’autant plus que le souvenir de Lisa est toujours celui d’une femme jeune et que son humanité n’a jamais été remise en question (la chronologie tiendrait si Dracula l’avait vampirisé).

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Une femme qui ne méritait pas de mourir !

Plus tard, la sortie de Legends sur Game Boy se déroulant en 1450 avec pour Némésis le même vampire déjà en guerre contre les hommes n’aidera pas à clarifier la question ni à établir l’année du décès de Lisa, Alucard déclarant à Sonia Belmont avant leur combat qu’il est venu au château affronter son père pour « sa mère et le monde qu’elle aimait si tendrement. » ; même si cet épisode sera retiré de la chronologie officielle par Koji Igarashi avant la sortie de Lament of Innocence sur Playstation 2 (épisode qui réécrira les origines de Dracula), il n’en est pas moins vrai que le mystère plane toujours autour des dates exactes (ou même approximatives) de la vie et de la mort de Lisa.

Les seuls faits indiscutables à son sujet sont les souvenirs d’Alucard et de Dracula à propos de son décès, le premier ayant assisté à ses derniers instants et le second étant arrivé trop tard pour arrêter l’exécution de son épouse (comme le montre la publicité sous forme de manga réalisée par Ayami Kojima pour le jeu Playstation). Lisa fera promettre à son fils de dire à Dracula de ne pas haïr les humains, et de ne pas leur faire de mal s’il ne peut pas vivre avec eux, car ils ont déjà une existence difficile ; Alucard transmettra ces dernières paroles à son père à la fin de Symphony of the Night en y ajoutant que Lisa a dit qu’elle l’aimera pour l’éternité, le Prince des Ténèbres comprenant alors son erreur avant de mourir à son tour de la main de sa progéniture.

Encyclopedia of Castlevania

L’Encyclopedia of Castlevania !

En outre, la description de Lisa dans le manuel de Symphony of the Night explique qu’elle est « la seule femme jamais aimée de Dracula » ; on évitera de la confondre avec Elizabetha, l’épouse défunte de celui qui deviendra le vampire que l’on connaît à l’issue de Lament of Innocence, même s’il est facile de penser que Lisa en est la réincarnation étant donné qu’elle en est « l’image crachée » (comme le stipule l’Encyclopedia of Castlevania, un document japonais de deux pages publié en 2001 retraçant la chronologie et les évènements de la licence pour aider le joueur à se resituer avant la sortie de Lament of Innocence) et que leurs prénoms soient aussi proches. En effet, Elizabetha était mariée à un homme appelé Matthias Cronqvist tandis que Lisa était liée à un vampire connu sous le nom de Dracula, même s’il s’agit de la même « personne » au bout du compte.

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La forme damnée de Lisa ?

Par ailleurs, il semble intéressant de faire un parallèle entre Lisa et Annette (la fiancée de Richter Belmont). Si toutes deux ne portent pas de nom de famille pour commencer, l’épouse de Dracula est toujours présentée comme une femme à la grande douceur et la bonté sincère qui ne succombera jamais à la condition vampirique (et à l’immortalité) que son mari aurait très bien pu lui proposer, tandis que la dulcinée du chasseur de vampires n’aura pas la même force de caractère si celui-ci échoue à la sauver, comme cela est montré dans Vampire’s Kiss sur Super Nintendo à la fin du stage 6 où Carmilla absorbe la jeune femme avant le combat, mais surtout exposé dans The Dracula X Chronicles sur PSP où Annette se métamorphose en vampire au bout du niveau 7 ! Dans Symphony of the Night, c’est le succube qui prend l’apparence de Lisa pour tromper Alucard et tenter de le pousser à se ranger du côté de son père, mais le dhampire ne se laisse pas berner, connaissant bien la foi de sa mère en l’humanité même si elle en a perdu la vie. Ainsi, on a d’un côté une femme d’exception, aussi aimable que vertueuse qui s’est éprise d’une créature démoniaque tout en restant fidèle à elle-même et intègre face à la mort, et d’un autre une demoiselle pas aussi forte qu’elle ne le laisse paraître sans son amour (pourtant homme de bien et défenseur de la justice) pour la protéger de la tentation des forces du Mal…

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Le cauchemar d’un fils !

Pour conclure, bien qu’étant un personnage secondaire n’apparaissant jamais directement, Lisa est d’une importance capitale dans la mythologie de Castlevania ; c’est sa mort qui est l’élément déclencheur qui fera véritablement de Dracula le Prince des Ténèbres, un être qui en veut à l’humanité toute entière, et c’est sa vertu qui provoquera la rébellion d’Alucard contre son père en voulant protéger les hommes. C’est en somme un personnage entouré de mystères qu’on aimerait connaître davantage, sorte de mélange perverti entre la Vierge Marie – symbole de pureté – et le Christ lui-même étant donné son sacrifice pour le salut des hommes qui mènera son époux à les haïr par l’ironie du destin !